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Recrutement : Les tue-l’amour, version notaires

Recruter un collaborateur est toujours un exercice difficile. Ça l’est encore plus lorsqu’on est uniquement juriste de formation. Aujourd’hui dans le notariat, ce sont bien souvent les notaires eux-mêmes qui gèrent le processus de recrutement de leurs collaborateurs. Au fil du temps, ils acquièrent une certaine expérience dans les recrutements, affinant leurs objectifs et leurs attendus. Nous sommes donc allés interroger des notaires pour comprendre ce qu’ils aiment entendre et ce qu’ils ne veulent plus rencontrer lors d’un processus de recrutement. Enquête sur ces tues-l’amour qui limitent les chances d’être embauché !



Dénigrer un ancien employeur


Il arrive parfois que l’on quitte une étude en mauvais termes avec ses anciens employeurs et ce pour différentes raisons souvent valables. Si vos nouveaux employeurs peuvent le comprendre, ils n'apprécient pas en revanche de vous entendre critiquer et descendre vos anciens employeurs. Tous les notaires interrogés recommandent d’avoir l’élégance de poser un voile pudique sur les détails de la fin de la collaboration. Ils suggèrent ainsi de dire « nous n’avions plus la même vision » ou « je ne me reconnaissais pas /plus dans le projet ». Classe, poli. Un style « notariat » en somme. Un entretien n’est pas l’endroit où débattre des torts d’un autre notaire. C’est le moment où vous vous présentez sous votre meilleur jour.


Concernant les fameux appels aux anciens employeurs, les notaires sont divisés. Pour certains, c’est un automatisme : « On s’appelle entre confrères, c’est systématique. C’est comme les clercs qui savent dans quelle étude aller… C’est fondamental. Si j’ai de très mauvais retours de confrères, ça va forcément influencer mon choix. » D’autres préfèrent se faire leur propre idée de la personne en face d’eux, estimant que la vision de leur précédent employeur sera forcément biaisée : « Si le candidat n’est pas resté dans son ancienne étude parce qu’il n’a pas convenu, c’était peut-être un problème de management, mais, dans tous les cas, son ancien patron ne sera pas satisfait. S'il est parti alors qu’il donnait toute satisfaction, son ancien patron ne sera pas non plus ravi… Ça ne sera jamais neutre. »



Faire de la surenchère entre études


En amour, il n’est jamais agréable de sentir que nous ne sommes pas l’unique Élu. En matière de recrutement, c’est la même chose. Donner l’impression à un recruteur que vous avez d’autres opportunités plus intéressantes et qu’il n’est qu’une option parmi tant d’autres, c’est prendre le risque qu’il se désintéresse immédiatement. Un notaire nous a ainsi raconté un entretien qui lui a laissé un goût amer :


« C’était une personne qui mettait trop en avant le fait qu’elle avait encore beaucoup d’entretiens à passer. On a assisté ces dernières années à un véritable revirement : ce sont maintenant les salariés qui sont en position de force dans le recrutement. Ce candidat était là en mode mercenaire, du style « je m’en fiche car des entretiens, j’en ai 10 comme ça encore à passer. ». Il m’a fait sentir qu’il n’y avait pas de réel projet commun, qu’il était beaucoup plus motivé par l’argent. Ça m’a vraiment choqué. »


Une rubrique « Expériences professionnelles » chaotique


« Sur un CV, les expériences trop nombreuses ou trop courtes d’une personne qui change beaucoup d'études, ça fait un peu tiquer. On se dit que soit la personne est très exigeante, soit elle est vraiment mal tombée mais c’est pas très engageant. » On pouvait s’en douter, les changements récurrents d’études peuvent inquiéter. La manière la plus simple d’y remédier ? Expliquer en quelques mots les raisons de ces changements dans la lettre de motivation, encore une fois sans descendre vos anciens employeurs.


De la même manière, les périodes de pause dans le CV interpellent les notaires. Et contrairement aux idées reçues, ils sont friands de parcours atypiques. Vous avez voyagé pendant un an à travers le monde ? Expliquez-le ! Faites en une force, un élément différenciant. Vous avez pris un long congé de paternité ou de maternité ? Dites- le. À ce sujet, un notaire interrogé disait :


« Des trous très long dans un CV vont m’interpeller. Pourtant, quand il s’agit d’un tour du monde, d’un congé de paternité ou de maternité, c’est clairement justifiable, voire c’est même un plus ! ».


Des CV ou des lettres de motivation ni soignés, ni personnalisés


Je ne vous apprends rien en vous disant que la lettre de motivation et les CV sont à l’origine de la première impression, du moins sur le papier. Le plus important pour les notaires ? Le soin apporté aux documents . En clair, on ne reste pas sur la version la plus classique du CV en word sans mise en page, même si on est juriste et pas graphiste. Vous pouvez trouver de beaux templates gratuits de CV sur Canva ! De la même manière, les fautes d’orthographes, d’inattention ou de syntaxe sont à éviter au maximum, même si elles ne sont pas pour tous les notaires rédhibitoires à 100%. Quant aux loisirs, il faut bien se l’avouer, c’est toujours un peu les mêmes. Et oui, on aime tous faire du sport, la musique et le cinéma. Et si vous parliez plutôt de votre implication dans une association, ou d’un de vos « side project » ? Un notaire interrogé l’exprime assez bien : « J’aime voir que la personne est impliquée dans quelque chose, sinon la section « Loisirs / Autre » n’apporte pas grand-chose au débat. Par contre, voir que quelqu’un a des responsabilités dans une fédération, ça va m’indiquer qu’il a le sens du contact, que c’est quelqu’un de dynamique ! »


S’agissant des lettres de motivation, elles peuvent parfois être véritablement déterminantes. Leurs principaux intérêts ? Permettre aux candidats d’expliquer leur démarche et de se démarquer. Il est très important d’y expliquer - sincèrement- pourquoi vous postulez dans cette étude en particulier. Pour un des notaires interrogés, « Lorsque je reçois le CV d’une personne qui habite très loin, ou du moins pas dans un environnement immédiat de l'étude, je regarde systématiquement la lettre de motivation. J’aime bien lire l'explication, trouver la réponse de ce changement dans la lettre, ça personnalise le profil. S’il n’y a aucune justification dans le CV, je ne donne pas de suite favorable car c’est très probablement un candidat qui a envoyé sa candidature à toute la France. »


Pour un autre : il est primordial de jouer cartes sur table « Ça ne sert à rien de dire « souhaitant acquérir de nouvelles compétences au sein d’une nouvelle équipe etc etc… ». Il faut plutôt présenter son parcours en détails, ce qu’on a fait, ce qu’on aime. Les gens qui me parlent de leurs voyages, des autres métiers qu’ils ont fait, moi ça va beaucoup plus m’intéresser. »


Les détails ont aussi leur importance : un texte justifié, une photo professionnelle mais souriante, une lettre de motivation cohérente sur la forme et sur le fond. Les lettres de motivation manuscrites sont pour tous les notaires plus appréciées :


« Lorsque je reçois une lettre de motivation manuscrite, je sais qu’ils y ont passé du temps et j’ai tendance à plus répondre, même si c’est négatif. »

Et sur l’originalité ? Les avis sont partagés. Pour certains, c’est envisageable si cela reste à petite dose. Pour d’autres, c’est au contraire un vrai plus : « Je trouve ça très sympa, si je recevais un CV vidéo, ou dans un format original ça me plairait beaucoup. Une fois, j’ai reçu une lettre de motivation qui était un poème, je trouvais ça excellent ! Je suis très réceptif et très favorable à ça. » Le plus important est finalement de s’adapter à son public ! Pour cela, un rapide coup d'œil sur les réseaux sociaux professionnels devrait pouvoir vous aider.



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