top of page
NOHA-NOTAIRES.png
  • NOHA

Peut-on parler de politique au sein des études notariales ?

À quelques jours du premier tour des élections présidentielles, il devient difficile d’éviter de parler politique. Dans les études notariales, la tentation de rebondir sur les dernières actualités peut apparaître. Près de trois salariés sur quatre parleraient d’ailleurs politique sur leur lieu de travail. Pourtant, la question de l’orientation politique de ses collègues, collaborateurs ou employeurs est loin d’être anodine. Alors pouvons-nous vraiment exprimer nos opinions politiques dans le monde feutré du notariat ? Comment le faire avec délicatesse et diplomatie ?



Parler politique en entreprise : ce qu’en dit la loi


En droit français, la liberté d’opinion et d’expression du salarié est garantie. Ce principe est protégé par la Convention européenne des droits de l’Homme et par le Code du travail français. En principe, la hiérarchie ne peut donc pas interdire aux salariés d’exprimer leurs convictions, ni les punir s’ils le font. D’ailleurs, un licenciement justifié par une prise de position politique est considéré comme nul et comme une atteinte à la liberté d’expression. La peine envers l’employeur va jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende !

Cependant, il existe des limites - et oui, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres !

Ainsi, sous certaines conditions, la direction peut sanctionner un salarié parce qu’il aurait manifesté ses convictions. C’est le cas par exemple si le salarié abuse de sa liberté d’expression, en harcelant ou en faisant du prosélytisme auprès de ses collègues. Un salarié n’a pas le droit de déposer des tracts politiques ou d’envoyer une campagne d’emailing à toute l’étude sur un sujet politique. De la même manière, ce serait commettre une faute que d’essayer de convaincre un client lors d’un rendez-vous.

La politique, un sujet parfois tendu dans le notariat


La dernière fois que le monde du notariat a été véritablement politisé, ce fut lors des manifestations contre la « loi Macron » en 2014 qui portait sur la réforme des professions réglementées. On estime que près de 30 000 notaires, avocats et huissiers de justice avaient alors défilés contre. Et pour cause : il semblerait que certains notaires aient demandé à leurs collaborateurs d’aller manifester avec eux … Depuis, les vagues successives de nomination de notaires créateurs ont chamboulé le monde du notariat. La « loi Macron » reste pour certains notaires une aberration, là où elle est pour d’autres une très bonne initiative. Dans les études notariales, cette loi reste donc un sujet sensible, si ce n’est tabou. Alors parler des élections présidentielles de 2022 ? C’est un terrain glissant.


Si on évoque régulièrement la politique ces derniers jours dans les études, c’est plus pour parler de certaines anecdotes que pour évoquer son ancrage politique.


« Généralement, on ne va pas directement dans une discussion politique frontale. Ce qui amène à en parler, c’est par exemple quand on aborde la situation économique ou un fait divers qui concerne un politicien » disait ainsi le sociologue Ronan Chastellier en 2017.

Car afficher clairement son intention de vote et ses opinions politiques, c’est se dévoiler complètement. Et c’est à son lieu de travail que les probabilités d’échanger avec des personnes d’avis opposé sont les plus élevées. Si vos proches ont souvent tendance à partager vos opinions politiques, il est rare de ne se retrouver qu’avec des collègues, collaborateurs ou employeurs qui partagent votre point de vue. D’ailleurs, d’après l’étude Yougov qui date de janvier 2017, 12% des Français se disent prêts à dissimuler leurs véritables opinions pour se faire mieux accepter de leurs collègues.



Comment parler politique au sein de l’étude sans poser de problème

À J-2 du premier tour des élections présidentielles, il est difficile d’éviter le sujet de la politique au travail. Voici donc quelques bons conseils pour aborder cette épineuse question sans se faire black-lister de l’étude :


  1. Choisissez les sujets les moins sensibles : certains sujets touchent plus à l’affect que d’autres, voire relèvent de valeurs bien ancrées chez certaines personnes. Sur ces sujets, vous avez peu de chance de trouver un consensus avec une personne qui ne partagerait pas du tout votre point de vue, alors autant privilégier des sujets plus « légers » (enfin autant que faire se peut !)

  2. N’abordez que des sujets que vous maîtrisez : si vous voulez absolument parler de politique avec vos collègues, autant choisir des sujets que vous connaissez bien plutôt que de vous perdre sur un sujet sur lequel vous êtes ignorant.

  3. Soyez diplomate : gardez en tête que votre étude notariale n’est pas le meilleur endroit pour débattre politique. Ça ne vaut pas la peine de rentrer dans un combat sans fin au travail, cela vous desservirait même plutôt ! Alors restez souple et n’hésitez pas à quitter le débat.

  4. Intéressez-vous à vos interlocuteurs : la meilleure manière de parler politique sans froisser vos collègues, employeurs ou collaborateurs reste de parler de leurs opinions, à eux. En restant en retrait et en posant simplement des questions bien réfléchies, vous avez tout autant de chance d’amener votre interlocuteur à remettre en question sa pensée !


Et n’oubliez pas : « Si vous avez prouvé à votre adversaire qu’il a tort, vous lui avez fait sentir son infériorité, vous l’avez blessé dans son amour-propre et son orgueil. Or, homme convaincu malgré lui, il garde toujours le même avis. » (Dale Carnegie)



Suivez Noha Notaires sur Instagram et sur Facebook, et abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque semaine notre nouvel article en avant-première !


0 commentaire

La newsletter de Noha

Abonnez-vous à la newsletter et recevez l'article de la semaine en avant-première !

 C'est bien noté ! Merci de vous être abonné.

bottom of page