top of page
NOHA-NOTAIRES.png
  • NOHA

Notaires et collaboratrices : souffrez-vous du syndrome de la bonne élève ?

Au premier abord, on pourrait penser qu’être une « bonne élève » est plutôt quelque chose de positif. Ça l’est. À l’école. Dans le monde professionnel, les bonnes élèves se retrouvent confrontées à une autre réalité. Elles ont beau faire de leur mieux, cocher tous les objectifs, la reconnaissance qu’elles attendent n’arrivent pas. En d’autres termes, ce qui fonctionnait très bien à l’école ne fonctionne pas en entreprise. Dans le notariat, il apparaît que de nombreuses femmes se reconnaissent dans ce syndrome. En effet, la sélection universitaire pour accéder aux fonctions de notaire est ardue : seuls les meilleurs élèves sont sélectionnés. Mais alors pourquoi le fait d’avoir été une très bonne élève n’est pas synonyme de succès professionnel ? Comment en faire une force ? Séance décryptage et explications.



Le syndrome de la bonne élève : de quoi parlons-nous ?


Le syndrome de la bonne élève n’est pas un diagnostic psychologique clinique comme d’autres symptômes. Néanmoins, c’est une réalité massivement éprouvée par les femmes. C’est d’ailleurs pourquoi nous parlons ici de syndrome de la bonne élève et non pas du syndrome du bon élève. S’il peut toucher les hommes également, des études en psychologie et en sociologie ont démontré qu’il s’agit d’un phénomène touchant majoritairement les femmes.


Il faut bien distinguer la « bonne élève » de la personne perfectionniste. La perfectionniste va toujours vouloir fignoler à l’extrême son travail. La bonne élève, elle, va plutôt prêter une attention démesurée aux attentes des tiers. Dans ce souci démesuré d’être appréciée et reconnue, la personne atteinte de ce syndrome se retrouve à la merci du jugement d’autrui. S’il n’existe pas de profil unique, une « bonne élève » se caractérise souvent par :

  • Une incapacité totale à dire non,

  • Un perfectionnisme exacerbé,

  • Une perpétuelle attente de reconnaissance jamais exprimée par des notes dans le monde professionnel,

  • La difficulté à accomplir une tâche sans demander la permission avant et sans obtenir une approbation après,

  • Un rapport quasi-religieux à toute forme d’autorité.


Karine Aubry, coach certifiée et autrice du livre Trop bon élève au travail ? Attention danger !, elle, identifie trois caractéristiques communes :

« Ce sont des individus qui veulent bien faire, dans le respect du cadre et des consignes, et qui pensent que les autres sont mieux placés qu’eux pour évaluer leur travail. »

Ce comportement peut venir d’une certaine éducation et se forge donc dès le plus jeune âge. À l’école, une vision binaire du bien et du mal est très tôt imposée. Chez certaines familles, le niveau d’exigence est très élevé, donnant l’impression aux enfants qu’ils doivent être parfaits. Mécaniquement, ce schéma se reproduira dans toutes les sphères de la vie. La personnalité peut également jouer sur l’intensité du syndrome. Ainsi, un caractère naturellement téméraire et affirmé sera moins impacté qu’une personnalité plus sensible.


Mais alors, pourquoi les femmes sont-elles plus touchées que les hommes ? Cela s’explique simplement : le syndrome de la bonne élève est un produit de l’éducation des filles. Depuis le berceau, l’obéissance est valorisée chez les jeunes filles. Elles doivent être discrètes, patientes, conciliantes, etc. À l’inverse, les hommes sont incités à oser, à défier l’autorité, à s’affirmer,… Bref, les clichés ont la vie dure !

Un syndrome qui peut s’avérer problématique dans le milieu professionnel


Une fois larguée dans le monde professionnel, la bonne élève va répéter le schéma qui, jusque-là, il faut bien l’avouer, fonctionnait très bien pour elle. Elle va donc travailler d’arrache-pied, se sur-investir, tâcher de s’adapter aux attentes de ses supérieurs,… Mais malgré cela, elle ne réussira pas aussi bien que prévu. Pire, elle risque même, dans le notariat, de voir certains collègues progresser plus vite qu’elle, sans comprendre pourquoi.


La véritable explication vient du fait que les critères de réussite en entreprise sont bien différents des critères scolaires. En effet, un salarié sera valorisé pour sa capacité à s’adapter, à innover, à être proactif, et à mettre en avant son travail. La « bonne élève », elle, se retrouve bloquée par son incapacité à sortir du cadre en entreprise ainsi que par sa difficulté à se mettre en avant. Dans le monde du travail, la « bonne élève » va attendre une forme de reconnaissance parce qu’elle a bien travaillé, sans chercher à faire avancer sa carrière autrement.


Par conséquent, ces très bons éléments sont souvent appréciés par leurs employeurs, mais ils évolueront plus difficilement. Karine Aubry l’explique ainsi :

« C’est une position assez ingrate, car ce sont des individus qui sont fiables et qui travaillent très bien, donc que l’on va souvent charger de travail plus que les autres, mais qui ne sont pour autant pas mieux lotis en termes de salaires ou d’avantages ».

Plus de travail donc, mais moins bien rémunéré. Ça ne vous semble pas très juste ? À nous non plus !


Et ce n’est pas tout ! L’anxiété qui résulte de ce syndrome de la bonne élève peut facilement se transformer en… Burnout. Pour la psychanalyste Sophie Péters, « Entraînant l’angoisse de ne pas être à la hauteur, une imagination fertile sur ce qui serait supposé plaire au chef, l’attitude de premier de la classe est aussi l’antichambre du burn-out. Elle met l’individu sous pression, ses critères personnels d’exigence étant bien supérieurs à ceux qui lui sont fixés.». SU-PER !

Faire de son syndrome de la bonne élève une force


Jusque-là, le constat sur le syndrome de la bonne élève ne fait pas rêver, je vous le concède. Mais rassurez-vous, notaires et collaboratrices du notariat, il est possible de se « ré-éduquer » pour changer son schéma et faire de son côté bon élève une force.

Affranchissez-vous des attentes des autres en vous reconnectant aux vôtres :


Vous n’êtes plus un élève ou un enfant. Dans votre vie professionnelle, ne laissez plus quelqu’un vous faire croire qu’il est omnipotent. Vous-même, en tant que collaboratrice ou notaire, êtes déjà une experte dans votre domaine. Faites un point sur vos attentes : quels sont vos objectifs à terme ? Que voulez-vous apporter à l’entreprise ? Puis faites un bilan sur votre situation actuelle : est-ce normal, par exemple, que vous réalisiez seule tout ce travail ?

Prenez conscience de vos atouts (et choisissez vos combats) :


Identifiez vos atouts : ce pour quoi vous êtes particulièrement douée (la relation avec les clients, la rédaction de clauses improbables, le suivi ultra-rigoureux des dossiers,…), et ce qui vous motive au travail. Une fois vos atouts identifiés, l’important est de le faire connaître autour de vous ! Un des traits communs des bonnes élèves est leur grande force de travail. Faites-en un atout : recentrez votre énergie et votre force de travail atour des éléments essentiels. Par exemple, il vaut mieux avoir des actes parfaits et des clients satisfaits plutôt qu’un dossier papier classé par couleurs,… !

Ne vous basez pas que sur vos projections et idées :


Vous l’aurez compris : il est très probable que vous ne réfléchissiez pas de la même manière que votre employeur. Alors n’hésitez pas à communiquer avec lui afin de mieux comprendre ce qui est attendu de vous. Demandez des retours sur votre travail, communiquer sur ce qui est important pour vous,…


Et surtout, n’oubliez pas de vous féliciter lorsque vous faites du bon travail !



Suivez Noha Notaires sur Instagram et sur Facebook, et abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir chaque semaine notre nouvel article en avant-première !


0 commentaire

La newsletter de Noha

Abonnez-vous à la newsletter et recevez l'article de la semaine en avant-première !

 C'est bien noté ! Merci de vous être abonné.

bottom of page