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Les « influenceurs » du notariat



Olivier est notaire associé à Paris depuis mars 2020 (oui, juste au moment du premier confinement). Sur Linkedin où il publie régulièrement du contenu juridique, il est suivi par plus de 18 000 personnes et compte près de 6 millions de vues en 2021 sur ses publications.


« J’ai attendu 17 ans avant de m’associer, ça n’a pas été simple. Lorsque je suis passé notaire associé, littéralement 3 jours après, toute la France était mise sur pause. Je me suis retrouvé avec mon étude à l’arrêt, des dettes, pas de revenus, ma femme enceinte, bloqué à la maison. Vraiment, je me suis dit que je n’avais pas de chance ! À l’époque, nous ne savions pas vraiment si la vie normale allait reprendre un jour. J’ai pensé que si tout se faisait désormais de manière digitale, il fallait que je m’y mette. Il faut bien comprendre que j’ai toujours aimé l’informatique, mais j’étais un peu largué. Or là, j’avais du temps pour m’y intéresser. Je me suis dis que LinkedIn était le réseau qui permettait d’être le plus rapidement visible et opérationnel. J’ai donc suivi des formations sur le digital, les réseaux sociaux et la réalisation de vidéos. J’ai rattrapé tout mon retard.


Fin avril 2020, je commençais à publier sur Linkedin. Au début, c’était assez confidentiel, forcement. À la fin du confinement, contre toute attente l’activité était intense à l’étude. C’était une période compliquée, mais j’ai persévéré sur LinkedIn. J’ai eu l’intuition que ça pouvait être porteur.


J’ai commencé à percer au premier trimestre de 2021. J’ai vu une grosse différence en termes de vue et de retours. J’ai commencé à publier beaucoup plus souvent, et ça a eu un effet boule de neige. Ma communauté s’est créée progressivement. Sur LinkedIn, les gens vous suivent pour votre contenu, mais aussi pour ce que vous incarnez comme personnage.


Aujourd’hui, ça fait vraiment partie de mon quotidien en tant que notaire. Je ne me pose plus la question de savoir si je vais publier ou non. C’est comme consulter ma boîte mail : je le fais, c‘est tout. Je publie entre 3 et 5 publications par semaine, selon mon inspiration et mon temps. Je passe au minimum 1 heure par jour sur Linkedin, 7 jours sur 7.


« Mon objectif est de faire découvrir ce qu’on fait dans le notariat au 99,99 % des gens qui n’y connaissent rien.»

En termes de viralité, ce ne sont pas forcement les contenus sur lesquels je passe le plus de temps qui fonctionnent le mieux. Il y a des contenus légers qui peuvent très bien fonctionner. En deux ans d’expérience, j’ai développé une vraie compétence sur le fonctionnement de ce petit média.


Je ne me serais peut-être jamais lancé si j’étais resté dans mon quotidien classique de notaire… Mais ça ne veut pas dire qu’on n’a pas la possibilité de le faire à une échelle plus réduite, de manière plus progressive. Tout est une question de priorité dans la structuration de sa communication et de sa politique commerciale. Soit on va dans des cocktails, on invite des gens à déjeuner, on intègre des réseaux d’affaire, et ça prend aussi du temps, soit on se tourne plus vers les réseaux sociaux.


Avec du recul, je trouve que ça vaut le coup de se donner les moyens de réussir sur LinkedIn. Ce n’est pas tant l’apport de clientèle que le renforcement du lien avec la clientèle existante qui est important. Ça augmente également le taux de recommandation. Si un agent immobilier vous voit régulièrement sur LinkedIn, lorsqu’on lui demandera le nom d’un notaire, peut-être que votre nom lui viendra plus facilement à l'esprit que si vous aviez eu un dossier ensemble il y a quelques mois.

Être actif sur les réseaux, ça permet aussi d’avoir une image plus moderne, orientée vers les nouvelles technologies. Ça a un impact positif sur la politique de recrutement - je recrute beaucoup avec les réseaux et j’ai peut-être moins de problème de recrutement que d’autres.


Ce qui m’a probablement le plus étonné, c’est que le digital ne reste pas dans le digital, ça a aussi un impact dans le « monde réel ». La première fois que ça m’a frappé, c’est au Congrès des notaires de Nice. Honnêtement, je ne pouvais pas faire un pas sans qu’on m’interpelle pour me parler de LinkedIn. Mes associés ont eux aussi pris conscience de la puissance de la chose à ce moment et ils m’ont bien chambré !


On me pose souvent la question de la position des instances par rapport à ce que je fais. En réalité, ils nous encouragent plutôt à être présent sur LinkedIn que le contraire ! Après, je fais en sorte d’avoir une ligne qui ne crée de problème à personne. Attention, je ne dis pas que tout le monde aime : communiquer sur un réseau, c’est assumer un positionnement, et forcément, il y a des gens qui vont adorer, et d’autre détester.


« Si je devais donner des conseils aux notaires qui souhaitent se lancer, je leur dirais d’abord de réfléchir à leur cible. »

Pour se lancer, il faut avoir une ligne éditoriale. Il ne faut pas chercher à être viral à tout prix au début car c’est le meilleur moyen de commettre des erreurs et de tuer sa réputation. Il faut y aller sans se mettre la pression, sans se comparer. Et si au début, seulement 300 personnes voient vos posts, il ne faut pas oublier que c’est déjà mieux que 0 !

Il faut enclencher une dynamique de publication, être patient, persévérant et éviter les pièges. Personnellement, je préfère rater 10 super buzz que de faire un seul mauvais buzz. »


Vous pouvez retrouver le profil LinkedIn d’Olivier ICI.

Sandra, clerc de notaire depuis 13 ans est la créatrice du fameux groupe Facebook « Tu es notaire ou clerc de notaire si… » qui compte aujourd’hui plus de 40 000 membres.


« J’ai créé le groupe en 2014, après avoir passé un week-end dans ma région d’origine. Mes amis qui travaillaient dans d’autres milieux racontaient leurs blagues et leurs anecdotes. Je me suis dit que si je commençais, moi, à leur raconter mes histoires du notariat, ça ne leur plairait pas. Le monde du notariat, c’est quand même un monde à part. En rentrant, j’ai décidé de créer le groupe. J’ai invité mes amis d’école de notariat, les amis d’amis et c’est comme ça que ça a commencé.


C’était le premier groupe Facebook exclusivement dédié au notariat. C’est probablement ce qui explique son développement. Il y a aussi eu un gros boom au moment de la loi Macron. Au début, on échangeait surtout des anecdotes du notariat, puis il y a eu de plus en plus de posts sur l’actualité juridique. Je sais que certaines personnes, avant d’aller sur le Cridon ou sur LexisNexis, vont faire un tour sur le groupe pour faire des recherches juridiques via le moteur de recherche. Des gens me disent qu’ils n’osent pas poster, mais qu’ils regardent les posts, d’autres m’ont raconté aussi que leurs patrons acceptaient qu’ils gardent la page Facebook du groupe ouverte sur leur ordinateur professionnel !


Quand je vois quelque chose de pas très sympathique, j’enlève tout : le post, les membres, les commentaires. Sinon, ça devient une foire d’empoigne et ce n’est pas l’objectif. Avec 40 000 membres, c’est sûr que je ne peux pas garder seule un oeil sur tout mais j’ai des signalements, des textos des copines, … C’est vite contrôlé.


« Je sais que dans certaines études, il y a déjà eu des réunions au sommet car il y avait eu des critiques de patrons sur le groupe. »

Certains notaires m’ont même personnellement appelée ! Au moment du Covid, il y a eu pas mal de témoignages agressifs. On pouvait sentir une petite tension « patrons Vs salariés », surtout sur des questions de masque. Pour ma part, je trouve ça dommage de critiquer son patron sur les réseaux. Si ça ne va pas dans une étude, il faut partir. Après, je cherche toujours à arrondir les angles. Tous les employés ne sont pas parfaits, tous les employeurs non plus.


Être la créatrice de ce groupe a clairement eu des répercussions sur ma vie professionnelle ! C’est grâce à lui que j’ai trouvé un nouveau poste en 4 jours, en 100 % télétravail. Au début, j’hésitais à poster ma recherche et puis finalement une amie m’a convaincue. Le lendemain, j’avais 19 appels de notaires différents et je signais mon CDI la semaine suivante.


J’ai aussi vécu des anecdotes marrantes grâce au groupe. Plusieurs fois, en rendez-vous extérieur ou au téléphone, on m’a dit « Ah, mais vous êtes Sandra du groupe Facebook ! ». Tout de suite, ça casse les codes « collaborateurs / notaire ». J’ai des retours globalement très positifs. Les mails d’insultes sont très ponctuels. Ça n’est arrivé que quand j’ai supprimé des posts, ou quand on a voulu faire de la pub sans me demander mon accord.


Ce groupe m’a apportée de nouvelles amitiés et surtout du bonheur au quotidien ! Quand je vois des partages de photos rigolotes des études, les chansons sur le notariat ou les petits rituels chaque année comme les pulls moches de Noël, ça me fait plaisir. C’est ce qui me donne envie de continuer, et de persévérer à gérer seule le groupe. Au quotidien, ça représente environ 1h30 de travail par jour.


« Ce qui me plait vraiment dans ce groupe, c’est qu’il permet de lever certains tabous, de témoigner, d’être plus au fait de ce qui se pratique. »

Il a aussi cassé un peu les codes entre les notaires employeurs et leurs employés car tout le monde y est à égalité. On m’a dit récemment que j’avais créé le syndicat du notariat où tout le monde est dans le même bateau, une base de données juridiques et un lieu d’échanges pour rigoler dans le notariat. C’est vrai que je n’avais pas conscience de ça ! »

Retrouvez le groupe Facebook « Tu es notaire ou clerc de notaire si… » ICI.



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