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Grand format : le notariat,oui mais pas que. Episode 1 : Clerc de notaire et pasteur.

David a refusé de choisir entre sa vocation spirituelle et son travail de clerc de notaire. Depuis désormais cinq ans, il gère de front ses fonctions de pasteur dans une assemblée évangélique et sa carrière de clerc de notaire / comptable avec une bonne humeur et un optimisme contagieux. Rencontre avec un clerc de notaire épanoui qui va vous donner envie de poursuivre vos rêves !



« Je n’ai pas de préférence dans l’ordre de mes casquettes, mais je suis clerc de notaire depuis une quinzaine d’année et pasteur évangélique depuis officiellement cinq ans. Je suis tombé par hasard dans le notariat : de base, j’ai un BTS comptabilité. C’est par une connaissance de l’église que j’ai postulé chez un notaire qui cherchait un assistant et que je suis arrivé dans le notariat. J’ai été formé sur le terrain et par les notaires de toutes les études où j’ai travaillé qui m’ont fait suivre des formations. Ce n’était donc pas une vocation au départ, ni même un projet de carrière ! Mais j’ai accroché dès les premiers jours et j’ai eu la chance d’avoir des employeurs qui m’ont fait énormément confiance. Je leur en suis pleinement reconnaissant car c’est grâce à eux que j’ai pu en arriver là aujourd’hui, à avoir un poste en totale autonomie dans lequel je me sens bien.


En revanche, le rôle de pasteur était vraiment une vocation. Je fréquente les églises évangéliques depuis que je suis très jeune avec mes parents. Au départ, je n’avais pas du tout en tête, ou sur le cœur, de devenir pasteur. Ce n’était pas un de mes objectifs. D’ailleurs mon père était lui-même pasteur, et lorsque j’étais adolescent j’étais plutôt dans l’opposition. Je n’ai jamais aimé être « le fils de », que ce soit dans le milieu spirituel ou en dehors. Mais un jour j’ai ressenti que j’avais ce besoin sur le cœur, c’était quelque chose de très fort. Toutes les portes se sont alors ouvertes devant moi. Finalement, cette recherche de Dieu est arrivée très vite dans ma vie, puis j’ai rencontré mon épouse qui est également investie dans l’église évangélique. Tout cela a fait que cette envie de devenir pasteur et responsable d’une église évangélique s’est imposée. Les pasteurs sont les responsables religieux d’une église. Dans la mienne, nous sommes une trentaine de membres chrétiens. Être pasteur, c’est se charger de l’enseignement biblique, s’occuper de nos frères et sœurs, leur enseigner la parole de Dieu, les encourager, prendre du temps avec eux, jusqu’à dans la prière avec eux. Mais c’est aussi tout le côté mariages, baptêmes, enterrements. On nous appelle les Ministres du culte. Tout le monde n’est pas pasteur : tout le monde n’a pas la même fonction. Cela ne signifie pas que nous sommes au-dessus, c’est juste que nous sommes des sortes de « leaders spirituels ». Je suis pasteur "bénévole" aujourd'hui car je ne suis pas rémunéré par l’église.

« J’ai le privilège d’avoir un employeur qui connaît ma foi, mon rôle de pasteur et qui est très compréhensif. »

Il y a cinq ans, un collègue m’a emmené avec lui dans son aventure de création d’étude. Au départ, j’ai dû avoir la double casquette de « clerc de notaire » et de « comptable », et c’est toujours le cas aujourd’hui. Cela fait cinq ans que je suis dans cette étude et cinq ans que je suis également officiellement pasteur. J’ai le privilège d’avoir un employeur qui connaît ma foi, mon rôle de pasteur et qui est très compréhensif. Il a toujours accepté de me laisser du temps pour cette fonction. Comme j’ai toujours tenu à le respecter et à travailler 35h pour lui, au départ je faisais en sorte que le côté pastoral n’empiète pas sur mon temps de travail. C’était donc en général avant ou après ma journée de travail, entre midi et deux ou le week-end. Il y a deux ans, je commençais à avoir de plus en plus de responsabilités à l’église, et j’avais besoin d’y consacrer plus de temps. Je lui ai demandé d' avoir mes vendredis après-midi pour pouvoir les consacrer au pastorat, ce qu’il a accepté. Et depuis un an, j’ai tous mes vendredis et mes week-end pour gérer le côté pastoral de ma vie.


En même temps, il est très important de ne pas oublier sa vie de mari et de papa. J’ai un petit garçon qui va avoir 12 ans. Dans la semaine, en soirée, la priorité c’est ma vie de famille : ma femme et mon fils. Quand dans la soirée chacun vaque à ses occupations, alors je peux vaquer aux miennes. Avec mon épouse, on a la chance d’avoir des projets communs sur l’église où on peut se retrouver. C’est un vrai objectif dans ma vie de ne pas les laisser de côté, car c’est avec eux que j’avance. Ce n’est pas toujours facile à gérer : quand on a plusieurs casquettes, parfois on aimerait avoir plus de temps d’un côté ou de l’autre. Mais j’ai toujours su garder cet équilibre.


Je n’ai jamais véritablement pensé à arrêter une de mes fonctions, car je m’épanouis vraiment dans les deux. J’aspire, un jour peut-être, à diminuer mon travail de clerc pour avoir plus de temps pour le pastorat. L’idéal serait de pouvoir faire du 50/50. En tout cas, je ne me vois pas arrêter l’un ou l’autre car je gère bien cet équilibre. Après, j’ai 36 ans, c’est peut être l’âge et le fait que je suis en pleine forme qui me permet de gérer les deux ! Je pense aussi que pour pouvoir mener de front deux activités, il faut être bien dans ce qu’on fait. Sinon, je pense que j’aurais rapidement abandonné un côté ou l’autre. Cela permet de tenir lorsqu’on a une période plus difficile dans une des deux activités.


« Quand je suis à l’étude, je suis clerc, et quand je suis à l’église, je suis pasteur. »

Il faut également être bien entouré. J’ai la chance d’avoir une femme qui m’entoure au quotidien, et un employeur compréhensif qui m’a permis de m’épanouir du côté de ma foi. Je pense qu’il ne faut pas cacher, d’un côté comme de l’autre, nos activités à nos employeurs ou aux personnes avec qui on travaille. L’église sait que je travaille, et mon employeur sait que je suis pasteur puisque nous sommes très proches. C’est important d’en parler autour de moi, car les gens pourraient ne pas comprendre pourquoi je cours partout. A l’étude, je ne le cache pas du tout, mais je pense que tous mes collègues ne sont pas au courant. Selon moi, la foi c’est quelque chose de très personnel. Je n’irais jamais imposer mes idées ou mes convictions à qui que ce soit. Si un jour l’occasion se présente d’en parler, j’en parlerais librement, mais je ne veux pas m’imposer en disant que je suis pasteur. J’ai réussi à bien séparer les deux. A l’église, mes problèmes au travail ne viennent pas empiéter sur ma vie spirituelle. Quand je suis à l’étude, je suis clerc, et quand je suis à l’église, je suis pasteur. Dans les deux, je trouve une source d’épanouissement.


Depuis que je suis devenu pasteur, j’ai constaté une certaine confiance des membres de l’église, et j’ai de plus en plus de connaissances qui passent par l’étude. Il peut s’agir de membres de mon église, mais aussi d’autres églises avec qui je suis en relation, voire même d’autres pasteurs de la région. En revanche, je ne suis absolument pas là pour aller à la pêche aux clients. Je peux donner des conseils, mais je les encourage vivement à aller voir leur notaire. Jamais je n’enfoncerai un autre notaire, ou n'inciterai quelqu’un à aller dans mon étude en lui disant qu’on est les meilleurs. Je pense que ça peut être préjudiciable de dire à mes connaissances de l’église de venir dans mon étude. On pourrait me le reprocher si un jour les choses se passaient mal dans un dossier. Mais c’est certain que les personnes aiment bien connaître quelqu’un de confiance dans le notariat. Si les gens veulent passer par notre étude pour un dossier, c’est avec plaisir que je m’occuperai de leur dossier, mais je ne suis absolument pas dans une optique de concurrence.


« Je suis totalement épanoui aujourd’hui. Avoir plusieurs casquettes, ça me permet d’avoir différents objectifs dans ma semaine. »

Je suis totalement épanoui aujourd’hui. Avoir plusieurs casquettes, ça me permet d’avoir différents objectifs dans ma semaine. Je suis heureux et équilibré car je suis utile : utile pour le notariat et utile pour l’église. J’y trouve un véritable épanouissement. Même si à l’étude, être à la fois clerc et comptable me rajoute une charge supplémentaire de travail, c’est en même temps épanouissant car je n’ai jamais la même activité. C’est la même chose du côté pasteur : à un moment je peux me réjouir avec quelqu’un, enseigner la bible, ou encore soutenir des gens plus en détresse. En fait, dans ma vie, chaque instant peut être un moment différent. »

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