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Grand format : Comment survivre à l’école du notariat ?#1

Commencer une alternance de deux ans après avoir suivi pendant cinq - longues - années les cours à la fac de droit, c’est un peu comme gravir pendant 5 ans une montagne et terminer les derniers mètres avec un dénivelé à 18 % en plein soleil et sans eau. Pour beaucoup d’étudiants, cette période est relativement difficile à vivre. Elle correspond à un moment charnière entre la fin de la vie étudiante comme on la connaissait et le début de la vie active dans une étude. Ce grand format à vocation à adresser les différentes problématiques de cette période, à commencer par la grande aventure qu’est l’alternance.



Les premiers pas en tant qu’alternant


L'arrivée dans une étude en tant que « notaire / clerc stagiaire » va souvent de paire avec quelques prises de conscience, voire déconvenues. Parmi elles, la première : il faut tout apprendre. Les plus chanceux auront fait suffisamment de stages pour apprivoiser ce qu’il y a de plus terrifiants dans une étude, à savoir le logiciel de rédaction d’actes, la photocopieuse, la machine à café et… le comptable ! Blague à part, il est parfois difficile de trouver sa place dans une étude en tant que « petit nouveau ». Pourtant, il faut bien garder à l’esprit qu’absolument tous les membres de l’équipe sont passés par là. Un manager, ou un maître de stage bienveillant sera capable de vous mettre en confiance au fil du temps. Mais n’oubliez jamais que pendant ces deux années, vous êtes là pour travailler, bien sûr, mais également pour apprendre. Estelle*, diplômée notaire depuis deux ans, se rappelle : « Quand on arrive comme notaire stagiaire dans une étude, on ressent souvent une certaine pression. On sera bientôt diplômé notaire, on sent qu’on est censé être capable de faire beaucoup de choses tout seul. Mais en réalité, être trop autonome au début c’est l’assurance de faire des (grosses) boulettes. Il vaut mieux être bien encadré au départ et prendre son indépendance progressivement plutôt que rater tous ses premiers dossiers et ensuite mettre des mois à réparer ses erreurs. »


Savoir encore par cœur les grandes jurisprudences de droit administratif apprises en deuxième année de licence ne vous aidera pas à tramer un acte.

La deuxième prise de conscience réside dans le constat que les cours à la fac ne préparent pas à la pratique notariale. Savoir encore par cœur les grandes jurisprudences de droit administratif apprises en deuxième année de licence ne vous aidera pas à tramer un acte. Alors oui, vous étiez peut-être très bon en commentaire d’arrêt, mais répondre à des clients inquiets au téléphone, c’est vraiment autre chose. Pour vivre sereinement ces premiers mois, l’important est de se faire confiance et de ne surtout pas se comparer aux autres. Vous trouverez rapidement votre point fort : votre capacité d’écoute ou votre rigueur, votre réflexion juridique ou encore votre contact clientèle. Pour le reste, le temps et la détermination feront l’affaire.


Au bout de quelques mois d’alternance, la vie de l’étudiant ressemble globalement à une course en continu. On en arrive à se demander si c’est vraiment à cela qu’est sensé ressembler la vie de jeune actif : courir entre les dossiers à l’étude, les heures supplémentaires, les cours à préparer et les examens à l’école. Pour Alexandra*, récemment diplômée notaire : « Il y a forcément des moments où on ne peut pas tout gérer de front et où certains aspects pro/perso sont délaissés. Mais l’idéal, c’est de réussir à ne pas finir trop tard et à profiter des jours de cours pour bosser … les cours justement. » Et surtout, on souffle un bon coup : ça ne durera pas.

Travaillez dans une étude qui vous correspond et vous n’aurez jamais l’impression de travailler (ou presque)


« Choisir, c’est renoncer». André Gide ne s’imaginait probablement pas que sa citation serait reprise sur un site média dédié aux aspects para-juridiques du notariat, pourtant elle répond parfaitement à la problématique ici abordée. Choisir une étude où réaliser son stage suppose de faire des choix. Il faut donc se poser les bonnes questions :

  • Une étude récemment créée ? Une étude de taille moyenne, familiale ? Une grosse étude ?

  • Une étude urbaine, ou rurale ?

  • Vaut-il mieux commencer avec un poste généraliste, ou se spécialiser dès le départ ?


Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse. En revanche, vous pouvez vous renseigner en amont pour clarifier vos choix et cibler votre recherche. N’ayez pas peur de contacter des collaborateurs en poste, des amis d’amis, des anciens de votre master.


Rendez vous indispensable, fixez vous des objectifs dans le temps et travaillez dur.

Dans tous les cas, sachez qu’aucun choix n’est définitif. Ce n’est pas parce que vous travaillez dans un service VEFA pendant deux ans que vous ne pourrez jamais devenir un notaire généraliste. La vie est pleine d’opportunités, il suffit de savoir les saisir ! De la même manière, il est difficile de déterminer dès l’alternance si des évolutions seront possibles ou non dans une étude. Rendez vous indispensable, fixez vous des objectifs dans le temps et travaillez dur.


En revanche, une des manières les plus sûres de vivre sereinement l’alternance est de travailler dans une étude où vous vous sentez bien, en phase avec les méthodes de travail et le management. Il est primordial de se sentir à l’aise dans son étude, notamment en cas de rush. Pour Louise*, diplômée notaire qui travaille à Paris : « Il ne faut pas hésiter à rappeler à ses boss ou à ses collègues que tu as des exams bientôt et que tu ne pourras pas rester trop tard la semaine avant. » En cas de malaise ou d’incompréhension, il est important d’en discuter avec son manager. Cela demande souvent de sortir de sa zone de confort, mais n’oubliez pas que les bases d’une relation de travail saine sont la transparence et l’honnêteté.

Trouver un nouvel équilibre est vital


Qui dit nouvelle vie, dit nouvelle organisation. Il existe quelques méthodes pour ne pas subir ses semestres à l’école du notariat. La première est d’apprendre à prioriser entre les cours, l’étude et la vie personnelle. Pour cela, un planning bien organisé vous aidera. Après avoir déterminé les périodes de cours et de travail, prévoyez des plages horaires pour la préparation des TD et pour les révisions, mais également pour vos loisirs et sorties. Votre vie personnelle reste primordiale car le rythme est intense, vous aurez besoin de souffler. Pour Loïc*, diplômé notaire : « Pour survivre au diplôme supérieur du notariat, j’ai fait beaucoup de sport. Je me suis accordé du temps, et surtout j’ai accepté que parfois, je n’avais pas envie, et que ce n’était pas grave. Il faut aussi accepter qu’on terminera probablement tard très régulièrement à l’étude. Du coup, on commence tard les révisions, et on finit encore plus tard les révisions. Tout se décale. C’est un rythme à prendre. »


Pour rendre cette période plus agréable, il est également très important d’être bien entouré : des patrons compréhensifs, mais également des étudiants dans la même situation avec lesquels vous pouvez par exemple préparer les exposés, réviser ensemble le week-end, tester des restaurants les jours d’école. Votre groupe n’est pas soudé, rien n’est proposé à la sortie des cours? Lancez le mouvement. A plusieurs, tout est toujours plus sympa, surtout quand tout le monde est dans la même galère.


L’alternance, c’est aussi être confronté à des périodes plus difficiles. Il faut s’y attendre. Pour Camille* « Il faut accepter qu’à l’approche des examens, il va falloir mettre un coup de collier et refuser quelques propositions de sorties et / ou de week-end ! »

Dans les révisions vous trouverez votre salut


A quoi serviraient tous vos efforts à l’étude si finalement vous ne validiez pas vos semestres et si vous n’étiez finalement jamais diplômé notaire ? A rien. Le plus important dans l’alternance, c’est de se former et décrocher son diplôme. Le travail à l’étude est un moyen d’y arriver, cela ne doit pas vous empêcher de décrocher votre diplôme.

Avec du recul, Franck* regrette de s’être donné corps et âme lors de la première année de son stage : « Il ne faut pas faire l’erreur de donner tout son temps pour l’étude. Les cours et la vie personnelle doivent rester la priorité. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’investir pour autant correctement dans son travail, mais il est important de prioriser ce qui nous concerne directement. »


La priorité doit rester les cours, qui demandent d’ailleurs un certain niveau d’investissement. Si vous ne deviez retenir qu’un conseil, ce serait le suivant : soyez sérieux dans la préparation de vos séances. Le cas contraire, le retard s’accumule rapidement et avec le travail à l’étude, il est parfois très compliqué de rattacher les wagons.


« J’ai fini tellement stressée avant mon oral, la veille, au bureau, que je me suis mise à pleurer au boulot et que mes boss m’ont renvoyé chez moi ! »

A l’approche des examens, n’hésitez pas à prendre du temps pour les révisions. Parmi les anciens étudiants interrogés pour cet article, tous recommandent de poser au minimum un jour de congé pour chaque examen, tout en faisant bien attention à conserver quelques jours off pour de véritables congés. Louise* se souvient : «Pour moi, c’était impératif de poser une journée avant chaque oral, et également avant l’écrit final. Je ne posais aucun jour pour le galop en revanche, parce qu’il faut quand même se garder des congés qui soient vraiment des vacances. Pour l’anecdote, pour le semestre Famille j’avais décidé de ne poser aucun jour, et j’ai fini tellement stressée avant mon oral, la veille, au bureau, que je me suis mise à pleurer au boulot et que mes boss m’ont renvoyé chez moi (rires)

*Les prénoms ont été modifiés.



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